Chemin de fer à Djelfa
Réalisation du chemin de fer
Alger-Laghouat
Le
train passera par Aïn Ouessara, Hassi Bahbah, Djelfa et continuera vers
Laghouat, en d’autres termes, c’est une distance de 360 km qui va être réalisée.
Ces chantiers vont créer des milliers d’emplois dont des centaines qui seront
permanisés. Aussi, ce train roulera sur une voie large, pas comme celle qui
existe actuellement. Il atteindra une vitesse de 240 km/heure et est très
confortable. En prenant acte de cette information, les habitants ont applaudi
longuement cette information, et certains se sont mis à rêver, les plus jeunes
de travail et des différentes opportunités et occasions qui vont se présenter à
eux, alors que les plus vieux impassibles et pessimistes affirmaient qu’ils ne
seraient pas de ce monde quand le train arrivera. Quant aux optimistes, ils
pensent aux générations futures et gardent l’espoir de voyager un jour à un prix
étudié dans le confort aller vers Alger nord et revenir le même jour, ou vers
Djelfa et revenir dans la même matinée. Quant aux calculateurs, ils pensent
qu’avec 240 km à l’heure, les villes Aïn Ouessara et Boughezoul vont
certainement être convoitées par des citoyens qui vont quitter la capitale où
ils continueront de travailler. Voyage en une heure entre la résidence et le
lieux de travail, c’est merveilleux diront-ils. Donc, il faut pour eux acheter
des terrains ou des logements dans ces deux villes pour les céder en temps
opportun. Enfin, c’est légitime, pourvu que cela dure et que ce rêve devienne
réalité. Ce chantier se réalisera à partir de la manne financière engrangée des
recettes pétrolières aujourd’hui.
Actuellement (Fevrier 2006) et en arriere plan des nouveaux batisses,
mais la gare de Djelfa est toujours la même,
Quand-est ce que la gare de Djelfa fonctionne de nouveau???
Mais l’histoire du train des Hauts-Plateaux est toute autre. Il n’y avait pas de pétrole ni argent du pétrole. Toutefois, l’alfa était touffue et plus haute que les gens de courte taille passaient inaperçus derrière les touffes d’alfa. Les colonisateurs avaient besoin de cette matière végétale leur industrie du papier. Les seuls chariots utilisés dans un premier temps rendaient le coût du papier très élevé dont il leur fallait transporter. Cette idée de transport au moindre coût vers les ports du nord de l’Algérie pour acheminer cette matière première vers «la métropole» civilisatrice a incité Napoléon de prendre une décision. Celle de construire des voies ferrées. Celle d’alfa-ville à l’ouest et celle des Hauts-Plateaux Djelfa au centre pour transporter au moindre coût les bottes d’alfa. Pour le train de Djelfa, les chantiers ont démarré de Blida en 1891. La main docilisée par le fouet et la baillonnette réquisitionnée en guise d’impôt ont fait le nécessaire. Tous les tunnels étaient creusés par les indigènes à coups de pioche le long des gorges de la Chiffa et jusqu’à Ksar El- Boukhari, les remblais se réalisaient par de la terre transportées dans des couffins sur les têtes des indigènes et tassées avec leurs pieds nus. La caillasse aussi, c’était nos grands-parents qui la façonnaient, ils savaient faire la division d’un gros rocher en petits cailloux, qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il neige ou que le soleil tape fort, aucun d’eux ne pouvait se soustraire à l’exigence de la «teskhira» (réquisition). Certains sont rentrés chez eux pour mourir quelques temps après, d’autres ont rendu l’âme dans le chantier civilisationnel. D’ailleurs, il y a eu un mort par traverse, le prix de la civilisation se compte au nombre de traverses qu’il y a sous les railles en Algérie.
Le 1er avril 1921, le premier train arrive à Djelfa
Le 1er avril 1921, le train arrive à Djelfa, soit trente années plus tard . Au lieu des 5 jours que faisaient les chariots, le train avait mis 16 heures d’Alger à Djelfa, il était constitué d’une locomotive d’une voiture voyageurs et de plusieurs wagons de marchandises, l’exploitation de la nappe alphatière. Avec l’avènement de la démocratisation de l’école en «métropole civilisée», il fallait plus de papier pour les cahiers, donc plus d’alfa. C’est un train nouveau avec moteur diesel qui peut tracter une très longue procession de wagons pour transporter l’alfa qui n’ira plus vers la métropole, le chlore polluant pour traiter le papier. Il fallait que l’Algérie s’en charge. C’est une usine à papier qui voit le jour à Baba Ali. Le papier ira en bobines ou bobineaux. La pollution reste sur place. Les Hauts-Plateaux sont alors dénudés, la terre déjà semi-aride est frappée de plein fouet par l’érosion éolienne et pluviale, le désert avance de dizaines de kilomètres, l’exploitation à outrance de la nappe alfatière pour la civilisation en est pour beaucoup. Le train «civilisationnel» aussi.
Quand-est ce que les cheminots reviendront ???? Quand-est ce que le train demarera???
Quand-est ce que la voie sera large ????
Aujourd’hui, les chantiers de la voie ferrée seront réalisés avec l’argent de l’Algérie indépendante par des entreprises venant de pays qui semaient la civilisation et qui ont omis de nous transmettre le savoir-faire des rails. Les gares actuelles seront reconverties en musées du train des Hauts-Plateaux, de nouvelles gares seront bâties, elles seront modernes dans une Algérie en quête d’une modernité.
Texte: D. Harfouche, recentes photos: Djelfa.org (Fev. 2006)
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