Djelfa    Aperçu historique

Du Préhistoire à la période Turque

                1- PREHISTOIRE ET PROTOHISTOIRE

                2- BERBERES ET ROMAINS

                3- ISLAMISATION

                4- PERIODE TURQUE

 

Les vestiges découverts font remonter la présence de l’être humain, dans la région de Djelfa, aux premiers âges de la pierre taillée soit environ 200 milliers d’années. En effet, des bifaces outils préhistoriques grossièrement taillés sur les deux faces obtenus à partir d’un galet de pierre dure et datant du paléolithique (environ 200 milliers d’années) ont été découverts aux alentours de la ville de Djelfa. Des pointes atériennes (de l’Atérien Bir El Ater au Sud de Tébessa: Faciès culturel caractéristique du paléolithique supérieur au Maghreb) ont été également découvertes, en très faible quantité, dans la région et remontent à 50 milliers d’années environ.

Des traces de l’épipaléolithique, période intermédiaire de l’âge de la pierre entre le paléolithique et le néolithique, ont été également trouvées dans la région de Djelfa et remontent à environ 20 milliers d’années pour les plus anciennes et à 7 milliers d’années pour les plus récentes. Dans les couches archéologiques et dans les abris, des gravures rupestres datant du néolithique, période la plus récente de l’âge de la pierre, ont été également découvertes dans la région. Les plus anciennes remontent, à environ, 7.000 ans avant JC.

1 – PREHISTOIRE ET PROTOHISTOIRE

Contrairement à la création récente des agglomérations, datant de la période coloniale, la région de Djelfa prend racine même à l’aube de la préhistoire. Ain Naga, région charnière, entre Moudjebara et Messaad en est le témoin vivant avec ses bifaces de types achélien  (outil préhistorique, obtenu à partir d'un galet de pierre dure plus ou moins grossièrement taillé sur les deux faces ) remontant au paléolithique (âge de la pierre taillée) et ses pierres datant du néolithique aux lieux dits Oued Bou Dhebib, Safiet Bourenane et Hadjret Errebeg.

Les fouilles effectuées au niveau de Ain Naga par D.Grebenant (auteur de Ain Naga : capsien et néolithique, in Lybico 1969) remontent le peuplement de cette zone à 7.000 ans Avant l'ère Chrétienne pour l’épipaléolithique et à 5.000 ans Avant J.C (date approximative) pour le néolithique. D’autres endroits recèlent des débris organiques et des gravures rupestres et des peintures rupestres, à savoir :

- les débris organiques, caractérisés par des cornes de buffle antique, au niveau de Zahrez.

- les sites de gravures rupestres sont nombreuses et se trouvent en grande parite sur le versant Sud de l’Atlas Saharien dans les zones de Boukehil, de Messaad et de Ain El Bell. Au Nord, ils se localisent au niveau de khneg Taga, Qoreyqer, Zennina, Faydjet Leben, Sidi Abdellah ben Ahmed et Argoub Ezzemla.

 

                                   

- les sites des peintures rupestres, généralement en mauvais état, se localisent à Zaccar (au lieu dit Feidjet sidi Salem) à djebel Doum et Hadjra Mokhotma.

Les traces d’habitants remontant à cette ère sont inexistantes, ce qui expliquerait le caractère nomade des anciens peuplements de cette région. En raison du manque en recherche archéologique, beaucoup de gisements de surface ne sont pas inventoriés.

Quant à la protohistoire, cette période est marquée au niveau de la région par des sites comprenant :

- des écritures libyco- berbère aux lieux dits rocher de pigeons, Oued Hesbaya, safiat et Baroud, Ain Naga, Oued Bouz Guina et safiet Bou Rennane.

- des chars aux lieux dits Oued Hesbaya et safiet El Baroud.

- des chevaux domestiques aux lieux dits Dayat Mouilah, Safiet Bou Rennane, Ben Heriz et Oued Hesbaya.

- des dessins représentant des chevaux au milieu desquels se trouvent une antilope, une autruche et un personnage ainsi qu’une transcription Libyco-berbère, au lieu dit Safiet BouRenane.

- des monuments funéraires : un groupe important de sites à tumlus ou bazina ont été découverts au Sud de l’Oued Djedi près de Dayat Zekhoufa. Un site à dolmen construit sur des tumulus ou des Bazina, est également découvert au Nord et au Nord-Est de Djelfa.

2 – BERBERES ET ROMAINS

Les berbères, peuple originaire de l’Afrique de Nord, se trouvaient au niveau de la région de Djelfa depuis 1.500 ans Avant l'ère Chrétienne et étaient composés des tribus de Sinjas, Beni Ouerra et Laghouat issues des Maghraoua. Contrairement à celles du Nord du pays, ces tribus étaient indépendantes de tous les empires jusqu’à 704, date à partir de laquelle les berbères avaient embrassé l’islam. Beaucoup de sites témoignent l’existence des berbères dans la région de Djelfa:

- Les écritures libyco-berbères sur les rochers.

- Les tombes en forme de Tumulus ou de Bazina.

- Vestiges d’un village fortifié berbère (à l’état de ruine) près de Djelfa au dessus de l’ancien Moulin à eau. D’autres ruines ont été constaté à Amourah, Amera, Beni Zeroual, Demmed, Ben Halouane (à l’Est de Tadmit), El Fedj et Bou Redim (sur l’oued Djedi).

La région de Djelfa avait totalement échappé à l'invasion romaine. Ainsi, pour freiner les raids des Gétules et des maures, les Romains ont installé une frontière (les limes de Numidie) constituée par des forts espacés d’une quarantaine de Km. En plus du rôle défensif de ces forts, ils étaient utilisés comme base pour mener des raids.

Suite à la grande pression exercée par les Maures et les Gétules, les Romains, sous la conduite de l’empereur Antonin le Pieux, en faisaient appel à des troupes de Germanie et de Pannonie et ont mené de 144 à 152 Avant JC une guerre dite «Guerre des Mances » durant laquelle ils ont pu repousser les nomades et ont construit plusieurs castellums. Parmi les traces et vestiges laissés par les Romains au niveau de la région:

- vestiges du fort de Demmed (castellum Demmidi) construit par les Romains en 198 Avant JC sous septime sévère. Les Romains l'ont quitté en 230 après J. C. à l'occasion du changement de politique prônée par le nouvel Empereur, politique qui consistait à fortifier le « limes » plutôt que d'avancer vers le Sud.

- vestiges au niveau de Hammam Charef, caractérisés par un grand quadrilatère avec des pierres taillées dressées.

- Vestiges d’un poste romain d’une dimension approximative de 45m x 40m, situé à 2 Kms au Nord de la ville de Djelfa en sur la rive droite de Oued Mellah.

Par manques fouilles archéologiques, il est difficile de décrire les autres sites déjà signalés.

3 – ISLAMISATION

En 704, les berbères qui vivaient dans la région de Djelfa se convertirent à L’Islam. En 1049, les beni Hillal et les Sulaym (tribus arabes) furent envoyés par le calife fatimide El Mostancir, suite à la désobéissance d’El Moïzz Ben Badis Ben Mansour Ben Bologhine. A leur arrivée en 1051, ceux ci s’empareront rapidement du pays et chasseront les tribus Zenatis de la région et les poursuivirent jusqu’au plateau du Zab. La branche connue des Beni Hillal pour ses invasions était les Athbej ayant conquit les plaines des Zab et du Hodna.

A la fin du 12ème siècle, arriveront les Zoghba (ascendants des Beni Hillal et des Sahary). Ils prêtèrent allégeance aux Almohades à qui ils offrirent d’importants contingents de troupes, qui en contre partie, leurs cédèrent une vaste région située plus au Nord.

Ibnn Khaldoun mentionne parmi les Zoghba, les Beni-Naîl et les Nader. Au 13ème siècle, les Sahary, branche de la tribu Hillalienne des Nader, s’installèrent dans le Djebel Mechentel (actuellement Djebel Shary) et domineront le pays pendant des siècles. La poussée des Ouled Naïl, ainsi que la révolte de quelques-uns de leurs sujets briseront leur puissance.

C'est, selon la tradition orale, durant le XVIème siècle qu'un certain Mohamed Ben Abdellah El Khorchfi, est venu s'établir dans le pays. Il prit le surnom de Sidi Naîl et serait l'ancêtre des Ouled Naîl.

Les descendants de Sidi Naïl ne peuvent demeurer à Aïn Rich où avait vécu leur ancêtre, ils se dispersèrent dans la région accumulant les batailles jusqu’à l’arrivée des turcs. Ainsi, les tribus des Ouled Nail formèrent plusieurs fractions :

- Les Ouled Aissa, prirent possession de la plaine de Faïd El Botma puis se fixèrent au Djebel Boukhil.

- Les Ouled Malik se rendirent vers le Zahrez.

- Les Ouled Si M’hamed.

- Les Ouled Laouar s’allièrent avec les Ouled Yahia Ben Salem occupèrent les plaines de Messaad, puis la région du Maalba. Ces deux tribus dominèrent les tribus de Oued Djeddi et du plateau Saharien leur permettant d’accéder vers Touggourt.

4 – PERIODE TURQUE

Le Beylik de Titteri fondît en 1547 par Hassen Pacha fils de Kheireddine avait pour limite Boughzoul au Sud et les vallées du Sebaou et d’Issers au Nord. Cette limite fut reculée en 1727 jusqu’à Laghouat. Après plusieurs révoltes des populations du sud, Le Pacha d’Alger instaura une nouvelle réorganisation civile et militaire. Ainsi, après 1775, le siège de Beylik de Titteri fut installé à Médéa. Chaque tribu dépendait directement du Bey par l’intermédiaire d’un Cheikh nommé par la Djemmaâ (population de la tribu).

Aussi, un marché du blé destiné aux Ouled Nail fut établi à Ain Barda. Les Ouled Nail versaient au Bey un impôt pour chaque achat de blé et un impôt annuel collectif. Le prélèvement de l'impôt donnait lieu au déplacement d'un mohalla (percepteur accompagné d'une troupe). Des difficultés dans le recouvrement de l'impôt surgissaient de temps en temps et donnaient lieu à des expéditions punitives.

Les vestiges de cette période dans la région sont :

- Fort Turc à Ain El Ibel

- Coupole sur la tombe de Sidi Mohamed Ben Alia (homme vénère par toute la population) située au versant Nord du Djebel Sahary à l’extrémité de la vallée de Boustania.

 

 

 

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